Monsieur J. Vertongen est un de nos membres fidèles et nous envoie de temps à autre un commentaire ou document intéressant. Il nous a adressé récemment un article paru dans la revue Anomalies - L’Observatoire des Parasciences. Celle-ci était dirigée par le sociologue Pierre Lagrange et a connu cinq numéros avant de disparaitre en 1999. Lagrange s’est toujours intéressé au paranormal et principalement aux ovnis. Il est l’auteur de La rumeur de Roswell (La Découverte,1996). Il estime légitime l’intérêt pour les ovnis mais rejette avec force les délires ufologiques et extraterrestres. L’article intitulé Le spiritisme et la science a paru dans La Nature du 31 décembre 1910 et est de la plume de Gustave Le Bon. Vulgarisateur scientifique, auteur de très nombreux livres, celui-ci est surtout connu pour sa Psychologie des foules qui a été un succès international (traduction en 16 langues) et qui était la première analyse sociale des comportements collectifs.
Que nous dit Le Bon dans son article ? Que les mystères qui enveloppent le monde s’épaississent chaque jour et que la science est incapable de répondre à toutes les questions, que le spiritisme et l’occultisme veulent satisfaire le besoin d’explication que la science ne saurait donner mais qui taraude l’esprit de tant de gens. Il constate également que des physiciens connus, des physiologistes célèbres, des philosophes réputés défendent cette magie actuelle. Les médiums se dédoublent et les morts viennent parler aux vivants. Heureusement, constate-t-il, tous les savants ne se laissent pas aveugler par ces fraudes, ces hallucinations collectives qui cessent dès qu’un contrôle pertinent et sévère est exercé. Il cite les travaux de l’Institut psychologique de Paris qui n’a rien découvert de probant après 60 séances. Il cite ses propres recherches et ses tentatives notamment le prix de 2000 francs destiné à récompenser le médium chargé de soulever sans contact un objet quelconque en plein jour et en présence de cinq scientifiques, d’un prestidigitateur et d’un opérateur chargé de tout filmer. Cinq médiums acceptèrent le défi mais aucun ne se présenta le jour dit.
Le Bon conclut que la crédulité est un abîme sans fond et que le savant n’y échappe pas quand il quitte le champ de la connaissance pour celui de la croyance.
Michel SOUPART