| Jean Dommanget |
|
| Coup sur coup quatre actions
consistant à introduire l'astrologie a l'université
viennent d'être portées à notre connaisance: 1) A l'Université de Paris V (La Sorbonne) par le biais d'une thèse de Mme Germaine HANSELMANN (alias Elizabeth TEISSIER) laquelle frappe à la porte depuis de nombreuses années. Un tollé général s'en est suivi dont on a pu suivre quelques étapes dans la presse ainsi que dans certaines revues plus specialisées. On consultera par exemple le tout récent Bulletin n° 246 de l'AFIS d'où on retiendra en particulier l'éditorial de son Président J.Cl.PECKER se demandant: "Pourquoi nous préoccuper d'une quelconque Madame TEISSIER dont on sourit plutôt qu'on en souffre?". Question à laquelle il répond très justement. De son coté, le COMITE PARA a adressé une lettre de protestation auprès du Ministre de l'Education Nationale M. Jack LANG, le 2 mai 2001, proposant que Mme HANSELMANN défende les prétendues valeurs de l'astrologie devant une panoplie d'astronomes réputés internationaux.
Il y a quelque quarante ans le psychologue français Michel GAUQUELIN entreprenait des recherches concernant les influences planétaires sur les êtres humains. Voulant - d'après les conversations que nous eûmes avec lui à de maintes occasions - démontrer l'inanité des horoscopes (lire à ce sujet: Songes et Mensonges de l'astrologie, 1969), il constitua un important matériel statistique dont il lui parut cependant ressortir des liens apparemment étonnants entre la position des planètes à la naissance et les particularités caractérielles ou physiques des individus. Ces résultats ont été présentés par cet auteur successivement dans L'Influence des Astres (1955), Méthodes pour étudier la répartition des astres dans le mouvement diurne (1957) et Les Hommes et les Astres (1960). Ce sont là d'ailleurs les références de base utilisées par le Comité dans ses recherches. Mais ce n'est qu'en 1960 que M.GAUQUELIN proposa pour la première fois de faire vérifier ses calculs par des membres du Comité (principalement le professeur A.BESSEMANS et l'astronome S.AREND). Pour différentes raisons d'ordre pratique (missions de certains membres à l'étranger), ce n'est toutefois qu'en 1967 que des relations suivies s'établirent entre M.GAUQUELIN et le Comité. Autant qu'on sache, ce fut la première fois que le travail de M.GAUQUELIN allait être traité sur une base scientifique sérieuse. Il fut décidé que le test concernerait l'influence de la planète Mars sur les sportifs, laquelle était la plus significative d'après les conclusions de M.GAUQUELIN et dès lors la plus intéressante à considérer. L'expérience convenue devait consister d'abord dans l'établissement d'un nouvel échantillon de sportifs, ensuite dans le calcul de l'appartenance de leurs instants de naissance à l'une des douze classes dans lesquelles on peut diviser le mouvement diurne de Mars. Elle devait porter finalement sur l'interprétation des résultats c'est-à-dire sur l'aspect normal ou anormal de la distribution des sportifs dans ces douze classes c'est-à-dire sur l'existence éventuelle d'un Effet Mars. Tous les calculs seraient effectués de part et d'autre séparément afin de vérifier étape par étape la validité des opérations. En accord avec M.GAUQUELIN, fut établi un échantillon de 535 champions dont les dates de naissance couvraient la période 1872-1945. L'année 1968 fut consacrée à la recherche de toutes les données nécessaires: heures de naissance précises à partir de documents officiels, positions géographiques des lieux de naissance, réduction de tous les instants de naissance au temps universel en considérant les corrections relatives aux lieux de naissance et aux époques (Ex.: Alsace-Lorraine pendant la première guerre mondiale). Ceci fut fait en collaboration par le Comité, M.GAUQUELIN et M.Luc de MARRE (un collaborateur occasionel proposé par le second). Il y eut accord parfait tant en ce qui concerne l'établissement du matériel statistique qu'en ce qui concerne les calculs effectués de part et d'autre en suivant les procédés utilisés par M.GAUQUELIN. Mais une divergence importante apparut quant à la signification du diagramme de distribution. En effet le diagramme mettait bien en évidence une plus grande fréquence d'apparitions dans les classes 1 et 4 comme annoncé par M.GAUQUELIN, mais il restait à savoir si cette apparente anomalie était vraiment l'expression d'un effet dû à la planète Mars. Vu que l'échantillon comprenait quand même plus de 500 cas divers, répartis sur un grand intervalle de temps (1872-1945), la réaction première était évidemment de s'attendre a priori à une distribution uniforme dans les douze classes, soit un nombre d'apparitions de 535/12 = 44 à 45 cas environ. Les opérations numériques ne pouvant être mises en cause, celles-ci étant exécutées à l'aide de formules connues, il y avait lieu de vérifier d'abord la qualité du matériel statistique. Après divers tests, ce matériel parut satisfaisant dans la mesure où des informations correctes étaient disponibles (On peut en effet douter de la précision des heures de naissance au siècle passé mais on pouvait espérer que les erreurs seraient tantôt positives tantôt négatives et qu'elles se neutraliseraient suffisamment. De toute façon on ne disposait de rien d'autre...) Mais le calcul de la distribution théorique des sportifs en classes comme le proposait M.GAUQUELIN, parut nécessiter de plus amples investigations. Celles-ci conduisirent le Comité à l'établissement d'un modèle statistique spécifique montrant finalement que la formule adoptée par M.GAUQUELIN n'est pas correcte. C'est pourquoi, le comité a considéré qu'il ne pouvait accepter les conclusions de M. M.GAUQUELIN aussi longtemps qu'elles seront basées sur les méthodes et formules que celui-ci préconise. (N.B. n° 43, p. 343, lignes 15-17). M.GAUQUELIN n'a pas marqué son accord sur notre recherche théorique et une longue discussion s'en est suivie dont les traces se retrouvent dans les diverses publications sur le sujet qui parurent ensuite de part et d'autre où apparaît clairement la position sceptique du comité. Beaucoup d'autres tentatives de résoudre le problème ont vu le jour à l'étranger, mais malheureusement sans jamais arriver à un consensus. Ceci n'est pas étonnant car la question fondamentale reste l'établissement du diagramme théorique auquel le diagramme observé doit être comparé. C'est là, le "noeud" du problème que l'on peut exprimer comme suit: Dans une population donnée, les sportifs constituent un sous-échantillon particulier. Leur appartenance à celui-ci résulte d'un faisceau d'effets de sélection parmi lesquels il faut compter des phénomènes socio-démographiques séculaires (économie, guerres, climat, etc.) et éventuellement d'autres facteurs "externes" comme par exemple - s'il est réel - un "Effet-Mars". Pour isoler l'un ou l'autre de ces effets on doit être à même de comparer un sous-échantillon contenant l'effet considéré à un autre ne le comportant pas mais comportant tous les autres . Cela signifie, dans le cas présent, un sous-échantillon comportant l'effet Mars (les sportifs) à un autre ne le comportant pas mais comportant tous les autres effets. Malheureusement ces derniers sont impossibles à établir et la comparaison infaisable car ces effets sont dus a des facteurs socio-démographiques dont nous sommes incapables de préciser les grandeurs. Sans eux, il est impossible de poursuivre la recherche. De toute facon c'est à celui qui défend l'existence d'un phénomène - et non aux sceptiques - d'en fournir la preuve. Notons que jamais, ni M.GAUQUELIN ni ceux qui l'ont soutenu par la suite - ni même curieusement ceux qui l'ont combattu - n'ont contesté notre travail sur la base d'une critique objective. Nous attendons toujours. L'effet Mars n'a donc pas été démontré et reste un leurre, n'en déplaise aux astrologues tels Mme HANSELMANN-TEISSIER. Voir aussi M. Leurquin "UNE ASTROLOGUE A LA SORBONNE" 2) Dans les collèges et universités indiens, par décision de la "University Grants Commission " laquelle sollicite des propositions des universités pour rajeunir la science de l'astrologie védique. Une lettre de protestation sera adressée au Président de cette commission le Dr. Hari GAUTAM à NEW DELHI. Elle est actuellement déjà signée par plusieurs centaines d'universités et de comités, dont le Comité PARA. On trouvera toute information à ce sujet sur le site: http://caffeine.bu.edu/vigyan.html 3) A l'Université d'Economie de Vienne il paraît qu'une thèse en Astrologie Economique y sera défendue sous peu (voir: http://www.amanita.at/x/x-kosmos.zip). Le Prof. Cornelis de JAGER, ex-Président de l'ECSO est intervenu auprès du recteur de l'Université en émettant les plus sérieuses réserves devant de telles dérives. 4) Aux Etats Unis, la revue Le Ciel de septembre 2001 nous informe qu'il est possible d'obtenir un diplôme officiel d'astrologie à l'ASTROLOGICAL INSTITUTE à Phoenix (Arizona), reconnue par le Département américain de l'éducation. Pour en savoir plus sur l'astrologie, on consultera notre ouvrage (pp 49-88) :
|