Olivier MANDLER |
LE PARANORMAL A L’EPREUVE DU SCEPTICISME |
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1 - Le paranormal, de quoi s’agit-il ? Quelles sont les positions en présence ? Pour investiguer les phénomènes réputés paranormaux, il convient d’abord de cerner la notion même de paranormal. Les phénomènes paranormaux sont des phénomènes dont le mécanisme et les causes, inexplicables dans l’état actuel des connaissances, seraient imputables à des forces de nature inconnue. Définis ainsi largement, on trouve des phénomènes paranormaux, ou réputés tels, dans des domaines aussi variés que :
…etc Mis en présence d’un phénomène inexplicable, les paraphiles et les sceptiques adoptent des attitudes fondamentalement différentes : les premiers mettront en avant une hypothèse d'explication qui se situe en dehors du champ actuel des connaissances ( forces psychiques inconnues, mémoire de l’eau, …) alors que les seconds s’emploieront avec méthode à recadrer les dits phénomènes ( si ils sont avérés ) dans le périmètre des connaissances prouvées. Les paraphiles revendiquent le droit au rêve. Les sceptiques, eux, mettent en avant le devoir de vigilance. Face à une énigme, typiquement un phénomène qui « viole les lois admises » pour laquelle il existe une hypothèse d’explication, le scientifique en cherchera essentiellement les failles; on dit qu’il cherchera à infirmer l’hypothèse. Par opposition, les partisans des explications paranormales tenteront souvent d’accumuler des faits, des témoignages allant en principe dans le sens de l’hypothèse. Dans l’examen de tel ou tel phénomène, la position du scientifique est qu’il existe une seule réalité et qu’une partie de celle-ci est explicable dans l’état actuel des connaissances. Quant à la partie qui n'est pas explicable, toute hypothèse peut-être examinée mais elle ne sera retenue que si elle répond à certains critères strictes. C’est le sujet traité au point 2) ci-dessous. En dehors de cela, on entre dans le domaine des pures croyances. Ce qui clôt le propos. 2 - L’investigation des phénomènes réputés paranormaux. D’abord une évidence : l’analyse sérieuse des phénomènes réputés paranormaux commence par la vérification de ce que les dits phénomènes - qui, en quelque sorte, « violent les lois naturelles actuelles » - soient avérés, c’est-à-dire que leur matérialité puisse être mise en évidence de manière répétitive et indépendante. Cette restriction n’est pas neutre puisque les allégations de faits et autres témoignages humains sont largement sujets à caution. Si on ajoute à cela les fraudes en tous genres, on comprend qu’il s’agit d’un point très délicat où il n’est pas rare de devoir mettre en doute la bonne foi ou le bon sens d’un témoin ou d’un « expérimentateur » … Parallèlement à la mise en évidence de la matérialité du phénomène étudié, il faut s’assurer que le simple hasard n’aurait pas pu donner lieu à « l’apparition » du phénomène en question. Cette notion est fondamentale puisqu’un argument important pour soutenir l’hypothèse d’un phénomène paranormal peut justement être l’extrême rareté – à priori - de telle ou telle manifestation, rareté telle qu’elle suggérerait l’existence d’une force inconnue qui l’aurait favorisée. Soulignons que cela suppose de maîtriser au moins des notions de base – et parfois approfondies - de technique statistique et plus spécifiquement de probabilité, chapitre aride, s’il en est, des mathématiques. Souvent ces notions élémentaires échappent complètement aux tenants du paranormal, ou sont délibérément ignorées ce qui conduit à de nombreux malentendus… Toujours dans le cadre général d’une analyse sérieuse des phénomènes paranormaux, soulignons aussi l’erreur fréquente qui consiste à confondre corrélation et causalité. De corrélations possibles entre deux séries d’événements, on peut passe assez facilement à une relation de cause à effet. C’est une grave erreur de logique car rien ne prouve à priori qu’il n’existe pas un troisième facteur intermédiaire logique qui fait s’écrouler toute la construction. On perçoit donc bien, à travers ces quelques mises au point, que ce que les personnes sceptiques (en particulier les scientifiques) rejettent, c’est l’existence de phénomènes affirmée sur la base d’informations douteuses ou mensongères, de références inexistantes ou fausses et de démonstrations faisant appel à des principes scientifiques erronés. Tout phénomène susceptible d’être reconnu comme paranormal
aujourd’hui pourrait-il se présenter comme phénomène naturel,
normal, d’ici quelques années ? Certainement ! Mais il ne faut cependant pas en déduire que tout ce qui est encore
inconnu aujourd’hui relève du paranormal ni que tout ce qui pourrait
être considéré le cas échéant comme relevant
du paranormal est simplement inconnu et sera découvert demain : toutes
les hypothèses ne se valent pas ! 3 - Conclusion … sceptique ! Souvent présentés comme des rationalistes obtus, niant tout ce qui viendrait bouleverser le train-train des connaissances et les principes fondamentaux de "La Science Officielle", les sceptiques sont, en fait, tout simplement des gens refusant les affirmations de faits non prouvés. Certes, la plupart des grandes découvertes ont traversé une période d’hésitation avant d’être «officiellement» acceptées, car la science progresse par essais et erreurs sur base d’une recherche logique et n’accepte de nouveaux principes qu’après les avoir testés un très grand nombre de fois. Aujourd’hui encore, les fantasmes d’un scientifique ne sont-ils pas de pouvoir porter sur les fonds baptismaux une découverte retentissante ? Il est inadmissible de rejeter à priori la réalité éventuelle de tout phénomène logiquement défendu et susceptible de s’imposer. Il se pourrait ainsi que parmi les nombreux phénomènes réputés paranormaux, même apparemment les plus farfelus, il y en ait qui mériteraient un certain intérêt. Mais est-ce aux sceptiques de prouver leur réalité ou bien à ceux qui en affirment l’existence ? Le bon sens veut qu’il appartienne au découvreur de démontrer la validité de ses affirmations. Seuls les phénomènes que leurs défenseurs tentent de prouver par des expériences réalistes et honnêtes, sur base des principes et présupposés du point 2), peuvent convaincre les sceptiques de les examiner conformément au principe « ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve ». Que nous soyons paraphiles ou sceptiques de bonne foi, il est essentiel que la réalité du fait paranormal soit mise à l’épreuve par des méthodes strictes. Alors, dans ces conditions, paraphiles et sceptiques, même combat ?! BIBLIOGRAPHIE
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