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Michel Leurquin |
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On reste stupéfait parfois devant les opérations intellectuelles abracadabrantes menées par ces chercheurs pour trouver ce qu'ils ont envie de trouver. Ainsi par exemple dans l'Apocalypse, deux puissances apparaissent : Gog et Magog. Après de savants calculs, l'auteur est parvenu à prouver que Gog et les Etats-Unis d'Amérique avaient la même valeur numérologique. En toute logique, le pays vaincu pendant la seconde guerre mondiale, l'Allemagne devrait représenter Magog. Pas de chance pour les zélateurs de l'Apocalypse, les codes numériques de Magog et de l'Allemagne ne correspondent pas. Qu'importe, on les fait correspondre en rajoutant à l'Allemagne les codes numériques des pays qui furent son allié. Fameux coup de passe-passe. Et quand d'autres résultats ne collent pas, on les fait coller. Les auteurs ont toujours employé l'alphabet hébreu mais lorsqu'ils n'arrivent pas aux conclusions souhaitées, ils utilisent la valeur numérique de l'alphabet grec. Vous y comprenez quelque chose, vous ? La seconde partie est encore plus plaisante. Tremblez mortels ! Bodson et compagnie semblent atteints d'une nostradamite aiguë, maladie qui n'est pas mortelle mais qui fait des ravages. Ils sont même parvenus à prévoir l'avenir. Un avenir apocalyptique évidemment ! Après s'être livré à des calculs aussi incompréhensibles qu'aberrants, Bodson et ses amis ont découvert que la seconde apocalypse aurait comme point de départ une attaque nucléaire massive de la Chine contre le reste du monde. Le résultat en sera une destruction quasi-complète de la planète. Plus fort encore, si l'on veut bien croire à l'interprétation selon l'art de la numérologie du texte de saint Jean, cette apocalypse bis aura lieu très exactement le 5 février 2043 à midi précise. Si vous êtes encore de ce monde à ce moment là, retenez bien cette date fatidique. Car ou bien Gérard Bodson est un visionnaire fabuleux ou bien c'est un grand naïf (pour ne pas dire plus). Le plus consternant dans cette affaire est que l'ouvrage est paru dans une célèbre collection de poche à grande diffusion et que l'auteur se présente comme un spécialiste de la géopolitique bardé de diplômes apparemment prestigieux. Des milliers de gens seront probablement troublés par toutes ces affirmations sans fondements. D'ailleurs, l'auteur dans le prologue des Secrets de l'Apocalypse raconte qu'il était d'abord opposé à la publication de son étude afin de ne pas "semer le trouble dans les esprits, de provoquer un sentiment d'angoisse, voire de frayeur". Hélas, il semblerait que certains éditeurs ont des raisons que la raison ignore.
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